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Suicide

Le suicide : une souffrance à comprendre

Le processus suicidaire peut varier en temps. Parfois, il s’agit d’une question d’heures, parfois d’une question de jours ou même d’années. Un tel geste n’est jamais posé sans un terrain propice. « Le suicide est l’aboutissement d’un processus », peut-on lire dans Le Suicide : comment prévenir, comment intervenir, de Monique Séguin et Philippe Huon. « Les événements qui déclenchent le processus suicidaire sont souvent les derniers éléments d’une chaîne de pertes affectives qui ont rendu l’individu vulnérable, fragile et démuni face aux échecs. » Le suicide n’existe pas sans une grande souffrance. Cette souffrance affaiblit les facultés de la personne qui pense au suicide. C’est pourquoi le suicide n’est pas un choix, ni un acte de courage ou de lâcheté, c’est une absence de choix. La personne ne veut pas mourir, elle veut cesser de souffrir.

Le suicide fait peur parce qu’il entraîne des conséquences graves. Il semble que nos craintes d’en entendre parler contribuent à maintenir un bon nombre de fausses croyances.

Par exemple : croire que le fait de nommer les vraies choses (Ex. : « tu as des idées suicidaires ») ou  faire parler quelqu’un de sa souffrance (Ex. : « tu es vraiment en colère ou tu es désespéré ») peut conduire à poser l’acte. Au contraire, toutes les personnes souffrantes avec, en plus, des idées suicidaires, ont besoin d’exprimer leur souffrance pour réussir à prendre une distance face à leurs problèmes et ainsi se permettre d’agrandir leur champ de conscience sur d’autres avenues possibles que celle du suicide.

Si vraiment on se sent incapable de poser ces questions, on demande à un proche de la personne avec des idées suicidaires de le faire. Si la personne confirme ses idées suicidaires, surtout, on ne lutte pas seul. Soutenir une personne suicidaire peut être épuisant : on se sent responsable de sa survie, sans parler de la crainte constante de son passage à l’acte. De plus, on limite l’aide que la personne pourrait recevoir des autres ressources.

La personne avec des idées suicidaires est ambivalente ( vivre ou mourir ? ) et c’est là-dessus qu’on peut agir. Cependant, plus elle est près de sa décision, moins grande sera l’ambivalence. Mais elle peut encore changer d’idée, parce que c’est fort l’espoir!

Approche à adopter :
  • Établir un climat de confiance
  • Demeurer calme
  • Ne pas avoir peur de vérifier si la personne pense au suicide, (comment, où, quand)
  • Croire en la véracité de ses propos
  • Accepter toutes ses émotions, même celles contradictoires (colère, tristesse, éclat de rire, etc.)
  • Demeurer empathique (chaleur humaine)
  • Éviter de vouloir régler le problème de la personne à sa place
  • Démontrer de la disponibilité
  • Essayer de se servir de l’ambivalence que vit la personne pour lui faire retarder son projet
Attitudes à bannir :
  • Éviter le sujet ou le contourner;
  • Minimiser ce que l’autre nous dit;
  • Culpabiliser ou essayer de rationaliser l’autre;
  • Paniquer;
  • Garder le secret;
  • Trouver des solutions trop rapidement;
  • Être moralisateur;
  • Prétendre avoir toutes les réponses;
  • Raconter son histoire;
  • Donner son analyse de la situation;
  • Donner des recettes de bonheur.

Il se peut que vous vous sentiez incapable d’agir. Si tel est le cas, assurez-vous qu’une autre personne le fait. Dans toutes les situations, ne restez pas seul à intervenir.

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